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samedi 9 janvier 2010

New Year’s eve 2010 à Torture Garden



Parmi les confidences recueillies après les fêtes, l'idée que le réveillon n'est ni la soirée la plus belle ni la plus marquante de l'année est une banalité. De nombreux amis sont restés tranquillement chez eux ou entre proches attendant que les feux d'artifices et les paillettes se fondent dans les ténèbres de la nuit. Cette année nous pouvions admirer, en plus des décorations scintillantes, les luminances provenant des flocons de neige virevoltant à travers les néons.

En cette nuit de la St Sylvestre, je suis penchée au bord de la rampe du balcon qui surplombe la piste de danse du Mass, la boîte de nuit où se déroule tous les ans la New year's eve de Torture Garden. Jusqu'à la dernière minute, je ne savais pas si la soirée aurait lieu (une alerte à la sécurité a faillit annuler la fête) et si j’arriverais à bon port au vu des problèmes de circulation de l'Eurostar.

Je suis donc doublement enchantée d'être là même si, ayant fait un tour dans les étages et après une incursion dans le donjon, je trouve l’ambiance joyeuse mais assez sage. Je ne sens pas la fièvre des désirs, l'urgence du passage à l'acte et des pulsions irrésistibles. Alors, entraînée par une musique géniale, je danse tout en observant les créatures déchaînées. Je m’en mets plein les mirettes, j’admire les corps en transe, nus, tatoués, percés, certains revêtus de tenues magnifiques. Les anglais ont toujours une longueur d’avance en matière de style et de créativité.

Ayant pris un verre au bar et échangé quelques mots avec un beau soumis, je me dirige vers le cabaret. La cage est occupée par une femme ligotée et suspendue qui se balance entre les barreaux. Deux travestis perchés autour de la cage lancent des regards langoureux au public tout en se caressant. A quelques mètres de là, une gogo girl en string se trémousse, enroule sa silhouette de liane autour d’un poteau, s’élance dans les airs puis glisse avec une souplesse d’acrobate de cirque.


Soudain, la musique change, je me tourne vers la scène où je reconnais maîtresse Amritan, déjà rencontrée l’année dernière, en kimono luxueux. Elle est entourée de servantes maquillées, portant des perruques colorées et luisantes. Un esclave est à leur service. La domina asiatique dirige une cérémonie silencieuse où les scènes fétichistes précèdent des épisodes de bondage et de légères humiliations. L’homme est attaché à une croix, les coups du fouet lacèrent son torse et ses cuisses. Autour de moi, on dirait que la fête s’est terminée. Tous les yeux sont figés vers l’estrade.

dimanche 11 octobre 2009

Torture Garden à Nancy



Samedi dernier 3 octobre, mon impatience était grande lorsque je m’installais dans le TGV qui m’emmenait vers Nancy. J’allais retrouver mes amis et participer à la Torture Garden organisée en clôture du Festival Souterrain - Corps limites, autour de la cyberculture et du body art. Cette biennale est organisée depuis le début des années 2000. Une semaine de spectacles, projections, concerts, performances, stages, colloque, accompagnent une exposition qui dure un mois. Cette année on pouvait y rencontrer Lydia Lunch, Lukas Zpira, Félix Ruckert ou Steven Cohen entre autres invités. L’ensemble de la manifestation se déroule au T.O.T.E.M, lieu de résidence de la compagnie Materia Prima à Maxéville à proximité de la ville. J’avais hâte de découvrir la vaste friche industrielle de 6000 m2 divisée en différents espaces. Je me souviens de la première édition de ce festival alternatif. Aujourd’hui les sponsors sont institutionnels ainsi que la plupart des artistes. Pourtant un souffle de marginalité traverse cette manifestation par le désordre et la profusion des propositions difficiles à cerner à distance, par l’ambition de l’organisateur Otomo de mélanger les genres et les cultures, ce qui reste assez rare.



Arrivée à la place Stanislas où mes copines m’attendent, il y a du soleil, un peu de vent, beaucoup de monde sur les terrasses. Elles me racontent les performances, l’expo, la musique. Elles m’entraînent dans une boutique «surplus militaires» dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Des vêtements en treillis de plusieurs nuances, des objets hétéroclites, gants, cagoules, menottes, sifflets, etc. où l’on peut choisir sa tenue. Mais je n’aurai pas le look militaire ce soir malgré ma casquette en vinyl. Le rendez-vous pour dîner à Maxeville est l’occasion de saluer des connaissances. Les créatures qui arrivent ont fait un réel effort d’imagination hors les traditionnels cuir-vinyl-latex, je m’extasie devant les jupons, les dentelles, les corsets et la fantastique tenue jaune fluo de notre ami Denis. Look TG dans toute sa splendeur, j’adore !




Après dîner, nous faisons un tour rapide des différents espaces. La musique est à la hauteur de nos attentes. Dans la salle d’exposition adjacente au restau les œuvres sont encore accrochées. Il y a des matelas et quelques chaises, une cage dans un coin ; notre regard est attiré par un fauteuil en bois peint rose fluo agrémenté de sangles. Mon amie blonde ne résiste pas à s’y asseoir et nous nous empressons de l’attacher. Je me régale de ses petits seins délicieux. Les lanières de mon martinet caressent sa peau et le cuir de son pantalon entre ses cuisses écartées. Les coups sont de plus en plus forts. Ses mamelons s’excitent sous nos doigts. Je me rapproche d’elle, tend mes seins vers ses lèvres tandis que j’embrasse mon autre complice.

Par crainte de rater les spectacles, notre petite mise en bouche ne dure pas longtemps et nous nous retrouvons dans la grande salle pour assister aux numéros d’effeuillage façon cabaret qui se succèdent et au défilé de tenues en latex. Vers 2h du matin, l’ambiance est électrique. Nous retournons au donjon en espérant poursuivre nos ébats. Le public a changé. Une faune de curieux a envahi les lieux. Ces hommes parlent fort, déambulent devant les œuvres, rigolent, perturbent le jeu d’un couple et finissent par nous faire fuir.

Ce n’est pas la première fois que je vis ce genre de mésaventure dans une soirée en France. Il y a quelques années j'ai cessé d'aller aux caves St Sabin, j'hésite à retourner à la nuit Dèmonia pour les mêmes raisons. En attirant à tout prix le chaland, en oubliant de veiller aux règles et au respect des rituels (même en imposant le dress code), le risque augmente de dénaturer les soirées fétichistes, sauf si les organisateurs ont renoncé à en faire des occasions d’échanges et de pratique sm.

lundi 5 janvier 2009

Torture Garden organise les plus belles soirées de la scène fétichiste


Depuis plusieurs années déjà, je passe la nuit du réveillon de la St Sylvestre à Londres. Le rituel est immuable. Le 31 décembre, avec mon compagnon, nous traversons des rues bondées par la foule affluant en direction de Trafalgar Square pour assister au feu d’artifice, pendant que nous nous dirigeons vers Brixton. Ce quartier est devenu le siège du clubbing avec au moins deux célèbres boîtes de nuit : The Fridge et le club Mass où Torture Garden organise la plupart de ses soirées. Alan Pelling et David Wood s’inspirent du titre de l’œuvre d’Octave Mirbeau, Le Jardin des Supplices (1899) lorsqu’ils choisissent le nom de leur association fondée en 1990. Leur projet extrêmement audacieux à l’époque, consiste à réunir des artistes et des fêtards SM, fétichistes, adeptes du Body Art avec des amateurs de musiques gothiques, Electro-House, Drum n Bass, Rock n Roll, Cabaret burlesque, etc. Les premières soirées regroupent une centaine de personnes. Aujourd’hui, environ dix fois plus de participants se retrouvent tous les mois. Les grands rendez-vous, comme celui du réveillon, du Valentines Ball ou du Birthday Ball peuvent réunir jusqu’à 2500 personnes.



Le succès de ces soirées s’est tissé au fil du temps grâce à un concept qui fonctionnait déjà à la perfection dès le début. Pour satisfaire tous les publics, il y a toujours au moins quatre atmosphères différentes : une piste de danse où se succèdent des DJ de qualité, le cabaret glamour avec des musiques rétro, l’espace expérimental et un donjon dédié aux jeux SM. La philosophie des organisateurs est assez simple : ouverture d’esprit, respect des préférences individuelles de genre ou de sexe, chacun peut exprimer ses fantasmes mais nul n’est contraint de céder aux avances. Le staff très vigilant circule en permanence dans le public, ce qui permet à des femmes seules d’être présentes sans crainte. La créativité est encouragée à tous les niveaux et surtout concernant le dress code. Au-delà du cuir et du latex toutes les fantaisies sont acceptées : les uniformes, les costumes de théâtre, la lingerie et les corps nus, décorés, tatoués, percés. Les participants sont invités à donner libre cours à leur imagination.


Torture Garden a accueilli Dita Von Tease et Marilyn Manson, Ron Athey, Fakir Musafar, Lukas Zpira, Boy Georges et bien d’autres. C’est au cours des premières soirées TG que j’ai découvert la musique de Natacha Atlas ou les performances de bondage… L’adhésion d’artistes de renom à ces soirées a participé à leur médiatisation. Après des passages à la télé comme sur MTV, des articles dans la presse magazine notamment Time Out ou The Face, cette année, le Guardian a annoncé la soirée du réveillon. Malgré cette respectabilité acquise, les soirées TG demeurent les événements les plus intéressants et les plus insolents de la scène fétichiste. La clarté du message des organisateurs et l’adhésion absolue du public aux règles de bienséance créent une ambiance particulière permettant la mixité des générations, des tendances et des genres. Leur rayonnement est aujourd’hui international puisque Torture Garden organise des soirées à Tokyo, Rome, Athènes, Moscou, New York, Berlin, Zagreb, Helsinki, Amsterdam, Edinburgh, etc.

Toutes les infos en cliquant ici. Les photos sont réalisées par l'agence gruntmédia

Fetish New Year Evening à TG



La soirée au Mass commence toujours de la même façon : se retrouver dans l’escalier traversant les trois étages du club jusqu’aux vestiaires, retirer les vêtements qui nous protègent du froid glacial de la nuit londonienne et s’engouffrer dans le bruit et la pénombre. Avant même d’avoir pris un verre au bar, nous visitons les lieux. Cette fois-ci, le donjon est carrément séparé des autres salles. A l’entresol, nous pénétrons dans un lieu décoré à la marocaine. Déjà, de petits groupes se forment autour des chevalets. Des hommes et des femmes subissent les fantaisies de leurs maîtres et maîtresses. Un cercueil percé de trous accueille les mains inconnus. L’atmosphère du cabaret est fièvreuse. Quelques animations attirent les regards. Nous nous empressons au balcon de la grande piste de danse avant les douze coups de minuit. C’est là que nous serons le mieux pour observer la foule noyée dans les confettis et les ballons, les jeux de lumières multicolores, les écrans diffusant des images de sexes mouillés. Nous trinquons à la nouvelle année et nous reprenons nos pérégrinations à travers les différentes salles.









La faune est encore plus bigarrée que dans mon souvenir et les créatures fantastiques. Je suis vraiment dans un autre monde… de nombreuses poupées défilent autour de moi. Elles ont un air innocent, bon enfant, certaines exhibent leurs seins voluptueux,les rondeurs de leurs corps dénudés.

J’arrive juste devant la grande cage où une scène de bondage s’achève. La maîtresse défait lentement les liens de sa soubrette suspendue. Progressivement, je m’aperçois que c’est un homme en perruque et jupette. Je danse avec une adorable blonde en attendant la prochaine séance de ligotage. La maîtresse est cette fois-ci asiatique et ses objets : deux jeunes garçons d’une vingtaine d’années s’embrassent sans pouvoir se décoller. C’est sûr, ils seront mieux immobilisés par ses cordes l’un en face de l’autre pendant que derrière nous, sur la scène, un travesti magnifique joue du violon.



Je redescends dans le donjon. J’ai du mal à me faufiler entre les groupes. Des mains me frôlent, les sourires sont plus soutenus. Je ne m’y attarde pas et remonte vers la rampe qui surplombe la piste de danse. C’est l’occasion de se trémousser pour démarrer l’année en mouvement ! Je ne reste pas seule longtemps. Un corps se colle à moi et s’y frotte. Des doigts se mêlent aux miens. Je sens un sexe d’homme qui gonfle contre ma croupe. Je glisse un œil sur le côté, une jupe, un torse nu, je ne me retourne pas, je danse…

(Les photos de cette soirée sont réalisées par l'agence gruntmédia)

vendredi 17 octobre 2008

Zinella - Fétish Luxure le 22 novembre 2008






Michel est l'un des organisateurs de soirées SM et fétichistes de la première heure. A son actif, au moins une quinzaine d'années d'enthousiasme et de passion pour réunir les joyeux libertins à la recherche d'émotions particulières. Il traverse les époques avec une même curiosité et toujours le souci de trouver le lieu adéquat pour réunir les initiés. Depuis juin dernier, les soirées Zinella investissent Cris et Chuchotements, la boîte SM bien connue (cliquez sur le titre pour avoir les infos). Rencontré au vernissage de Gérard Musy, nous échangeons à propos du public de ses soirées. Un noyau dur se maintient, des jeunes se mêlent aux plus expérimentés. Nous parlons d'internet où nous passons des heures à lire les forums, à voir des images, à découvrir des sites, mais le réseau n'a pas pour autant augmenté le nombre des pratiquants. Ce qui a changé : le SM n'intrigue plus de la même façon. L'information est disponible et le mystère a disparu. Il me semble pourtant, malgré ce constat, que la découverte du plaisir sm, lorsqu'il se produit, implique un dépassement, un abandon des sens, inhérent au plaisir et aux tabous profonds de l'individu. Ce frisson, si précieux, demeure.