dimanche 16 novembre 2008

Monsieur Bellanger, un «maître» condamné

Parmi les faits divers relatés par la presse, on trouve régulièrement des histoires dont le contexte sadomaso défraie la chronique. J’en ai cité quelques unes assez célèbres dans Tendance sm et voilà que cet automne nous a été dévoilée la vie privée de Pierre Bellanger, patron de Skyrock, à travers une nouvelle affaire. Celui-ci a été reconnu coupable d’avoir corrompu une mineure de 17 ans, avec laquelle il avait eu une relation en 1999-2000, et il a été condamné le 3 novembre dernier à 4 ans d’emprisonnement dont 3 ans avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris. L’article de Libé du 13 octobre 2008 nous révèle le contexte sadomaso truffé de détails croustillants de la communauté Halcyon dont le maître polygame pratiquait le sadomasochisme et les relations à plusieurs depuis qu’il a été initié par Aude, l’une de ses ex. Au moment des faits, la communauté est logée rue Quincampoix à Paris où Pierre Bélanger a édicté des règles suivies par des femmes consentantes : Cathy, écrivaine, Emmanuelle, mannequin et Constance, journaliste et sophrologue. A Halcyon chaque femme doit en recruter une autre, de préférence jeune. Emmanuelle entraîne donc sa sœur Laetitia, vierge de17 ans à l’époque, dans le lit de son maître.

On peut lire dans ce même article la transcription des paroles de la victime le jour du procès : « je ne voulais pas de ces rapports sexuels, or, au fil du temps, ils sont devenus physiquement de plus en plus durs.» Sodomie - parfois suivie d’une fellation -, claques sur les fesses, car «Pierre disait que ma "Bête" voulait être frappée». Avant le sexe, Lætitia attend près du lit, à genoux et nue, sur le carrelage. Après l’acte, elle doit parfois embrasser et remercier le sexe du «Maître». Laetitia passera huit mois dans la communauté avant de la quitter et de porter plainte contre Pierre Bellanger.

Les commentaires des lecteurs sont parfois assez violents et ils témoignent de la relation de fascination/répulsion que le public entretient avec ce genre d’affaire.

Pour ma part, je trouve que cette histoire soulève plusieurs questions intéressantes notamment :

- Du point de vue médiatique, le rôle de la presse dans la narration du fait divers. Certains lecteurs s’indignent de la profusion des détails sexuels explicités dans l’article semblables à ceux que l’on trouve dans la presse à scandale.

- Sur le plan de la transgression de l’interdit, ce qui est reproché à l’accusé ce ne sont ni ses pratiques sexuelles sadomaso, ni sa polygamie, mais la corruption d’une mineure. Même si la jeune fille pouvait être consentante au moment des faits, et même si nous savons que la manipulation mentale peut concerner toutes sortes de populations, la loi est un garde-fou qui existe heureusement et il est préférable de la respecter !

- Enfin, concernant les pratiques sadomaso des protagonistes de l’histoire, il me semble d’après l’article, qu’elles sont vécues au premier degré sans aucune distance. J’ai rencontré des personnes éprises, amoureuses ou en quête d’absolu, ayant tout quitté pour répondre aux exigences d’un « maître » (quelque fois, une maîtresse) dans une relation sm, ou de leur amant dans une histoire tout à fait banale. L’attitude de ces personnes est souvent déconcertante… et là aussi se pose la question des limites. J’aurai sûrement l’occasion à l’avenir, d’aborder ce sujet sensible et assez complexe.

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